Ici, des figures rayonnantes de nudité évoluent dans un espace vide comme un ciel incréé. L’abondance est convoquée ; elle sera entièrement dévolue aux corps, prétextes ultimes, nécessaires et suffisants. Abondance face au vide : tout s’offre aux fantasmes et aux fantaisies puisque aucun contexte concret ne leur oppose sa fâcheuse réalité.

Chez Zsakó, les corps sont beaux. Mais pour qu’aucun ennui ne s’attache à leur perfection, on les mâtine de monstruosité : la corne d’abondance résonne d’abondances. Bacchus, Eros, triomphent ; ils dévoilent à la grande faucheuse –dont la présence est toujours latente- un dynamisme heureusement fessu, une ivresse matériellement cristallisée.

Zsakó, avec humour –un humour qui sait utiliser la référence classique- est donc – à son insu peut-être, au nôtre sûrement- un moraliste galopant. Il a de l’art une notion pure et durable ; il a sur l’homme des espérances sans concessions. Son œuvre ferait penser que les formes vivent une éternité –ou une durée- recommencée.

Entre la lame du sabre et la douceure, entre la cosmogonie et la mythologie, il nous rappelle les magnificences du corps et des ressourçantes vanités. Zsakó caresse un temps qu’argente le palladium recouvrant ses intarissables surfaces.

Frédéric AMBLARD

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